Ile-de-France : un nouveau dispositif anti-hold-up
Jean-Marc Leclerc
02/09/2008 | Mise à jour : 11:09 | Commentaires 25 .
Les CRS sont le fer de lance d'une nouvelle stratégie adoptée par la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie. Crédits photo : AFP
Des motards de la police nationale sont déployés chaque jour dans la capitale et en région parisienne pour stopper les braqueurs en flagrant délit.
Leurs Yamaha ou leurs BMW sont postées sur des ponts ou des carrefours clés de la capitale ou de la banlieue. En civil ou en tenue, ces motards, CRS pour la plupart, sont le fer de lance d'une nouvelle stratégie adoptée par la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie. Leur mission est claire : intercepter les braqueurs dans leur fuite.
Une vingtaine d'équipages motocyclistes, soit environ cinquante fonctionnaires, sont ainsi déployés quotidiennement sur certains axes, sauf le dimanche, jour de fermeture des magasins.
Les passants attentifs remarqueront peut-être que ces agents-là n'ont pas l'air focalisés sur les écarts de conduite de l'automobiliste lambda. Ils semblent plutôt attendre quelqu'un ou quelque chose, le regard fixé vers une sortie de boulevard, une voie sur berge ou une rue en sens interdit.
Coordonné par le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, un vaste plan anti-hold-up a donc vu le jour sur l'ensemble de la Région Ile-de-France. Les établissements à risque ont été répertoriés avec minutie, les modes opératoires des voyous analysés et leurs itinéraires de fuite possibles décortiqués à la loupe. Puis une sorte de carte des points sensibles a été établie. Des endroits stratégiques où les motards se postent pendant toute une journée ou dès qu'une alerte est donnée dans un secteur précis.
Le phénomène des hold-up inquiétait les autorités. L'an dernier, dans la région francilienne, les vols à main armée contre les entreprises de transport de fonds, les établissements financiers, industriels et commerciaux, ont augmenté de plus de 16 %, (de 1 315 à 1 534 faits), soit plus de quatre braquages par jour, en 2007, aux heures d'ouverture des commerces.
Le Val-de-Marne très affecté
Marseille a connu ce souci. En 2006, dans les Bouches-du-Rhône, plus de 500 hold-up ont été commis, soit 200 de plus qu'à Paris intra-muros. Alors directeur central des CRS, le préfet Christian Lambert avait imaginé, avec le préfet de police de Marseille, Bernard Squarcini, un plan mobilisant ses équipes motocyclistes. Et l'année 2007 s'est soldée par une baisse de 20 % des vols à main armée, avec plusieurs flagrants délits réalisés contre les nouveaux braqueurs qui circulent désormais au guidon de puissants scooters.
Lambert a depuis rejoint le préfet Gaudin à Paris, comme directeur de cabinet. Il n'est donc guère étonnant que ce qui a porté ses fruits à Marseille ait été transposé à la capitale.
Le Val-de-Marne ayant été le département le plus affecté par la hausse des hold-up l'an dernier (+ 34 %), il a fait l'objet d'une attention particulière, avec l'envoi d'une vingtaine d'hommes. Et la situation sur place s'améliore déjà. En Seine-Saint-Denis, une douzaine de motards ont aussi été affectés à la chasse aux braqueurs.
La police et la gendarmerie disposent au total de 5 000 motards. Des forces qui, assure-t-on chez les CRS, « sont appelées à se développer » pour mieux lutter contre la délinquance.
Ils sont postés sur des ponts ou sur certains carrefours clés de la capitale. En civil ou en tenue, des motards d'un nouveau genre s'insèrent dans le paysage urbain à Paris ou en banlieue. Curieusement, ils n'ont pas l'air focalisés sur les écarts de conduite de l'automobiliste lambda. Ces CRS et autres motards de la police semble attendre quelque chose, le regard fixé vers des points précis.
Le Figaro